Le gouvernement nigérian a suspendu samedi 19 septembre 2026 vingt agents du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC), en plus du commandant de l’État du Niger déjà écarté la veille, portant à 21 le nombre de responsables suspendus après la mort de 37 personnes en détention à Minna. Une commission indépendante de dix membres a été installée pour établir les causes et les responsabilités dans cette affaire.
Le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a indiqué que la commission, créée sur instruction du président Bola Ahmed Tinubu, dispose de deux semaines pour identifier les victimes, reconstituer les conditions de leur arrestation et de leur détention et déterminer d’éventuelles responsabilités, négligences ou fautes. Les autorités ont également ordonné la conservation de tous les documents et éléments matériels liés au dossier.
Les 37 victimes faisaient partie de personnes interpellées les 15 et 16 septembre lors d’opérations contre des sites soupçonnés d’exploitation minière illégale dans la zone de Minna, capitale de l’État du Niger. Les décès ont été constatés le 17 septembre alors que les détenus se trouvaient sous la garde du NSCDC. La cause exacte des morts n’est pas encore établie.
Le président Tinubu avait ordonné le 18 septembre une enquête complète et transparente. Dans un communiqué de la présidence nigériane, il a estimé qu’aucune personne ne devait perdre la vie en détention du fait d’une négligence, d’un abus, d’un traitement inhumain ou d’un manquement au devoir, tout en rappelant que les responsabilités éventuelles devront être établies par l’enquête.
Les versions sur les circonstances des décès restent à vérifier. Le NSCDC avait évoqué dans un premier temps l’hypothèse d’un problème sanitaire, tandis que des survivants et des proches ont fait état de conditions de détention très difficiles, notamment d’un manque d’air dans une cellule surpeuplée. Ces affirmations n’ont pas encore été confirmées par les conclusions d’une expertise indépendante.
La commission est présidée par Jonathan Kure, ancien directeur général adjoint du Department of State Services, avec l’ancien directeur général de la Nigerian Law School, Isa Hayatu Chiroma, comme secrétaire. Elle comprend aussi des représentants de l’État du Niger, de l’émirat de Minna, des mineurs, de la société civile et des médias.
À Minna, les autorités locales ont imposé le 18 septembre un couvre-feu de 24 heures après des manifestations provoquées par les décès. Le gouverneur Mohammed Umaru Bago a appelé au calme pendant que plusieurs enquêtes, fédérales et locales, se poursuivent.
