Une inflammation chronique élevée est associée à des modifications discrètes de la structure et du fonctionnement du cœur, parfois avant l’apparition de symptômes, ainsi qu’à un risque cardiovasculaire accru. C’est ce que montre une vaste analyse de la UK Biobank publiée le 18 septembre 2026 dans l’European Journal of Preventive Cardiology.
Les chercheurs ont analysé les données de 488 079 adultes et utilisé les glycoprotéines acétylées, ou GlycA, comme marqueur de l’inflammation chronique. L’imagerie cardiaque concernait un sous-groupe de participants. Dans l’ensemble de la cohorte, le quintile présentant les niveaux de GlycA les plus élevés avait un risque ajusté d’événements cardiovasculaires majeurs supérieur de 43 % à celui du quintile le plus bas, avec un rapport de risque de 1,43.
Des niveaux plus élevés de GlycA étaient aussi associés à une diminution du volume télédiastolique et du volume d’éjection du ventricule gauche, ainsi qu’à une fréquence cardiaque plus élevée. Les auteurs estiment que ces changements peuvent apparaître silencieusement avant qu’une maladie cardiovasculaire ne soit diagnostiquée.
La masse grasse du tronc, le tabagisme actuel, la détresse psychologique et un statut socio-économique défavorisé figuraient parmi les facteurs les plus fortement associés au marqueur inflammatoire. Ces résultats ne signifient toutefois pas que le stress, pris isolément, provoque directement les changements observés au niveau du cœur.
L’étude a également identifié des voies inflammatoires impliquant notamment les familles de protéines IL-1 et TNF. L’antagoniste du récepteur de l’IL-1 a statistiquement expliqué une partie de l’association avec le volume cardiaque, mais ces résultats restent des pistes de recherche et ne justifient pas l’usage d’anti-inflammatoires sans indication médicale.
Une association, pas une preuve de causalité
Les chercheurs rappellent que leur travail est observationnel. Il ne permet donc pas de démontrer que l’inflammation chronique cause à elle seule les modifications cardiaques ou qu’abaisser le GlycA réduirait automatiquement le risque d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral. Un recoupement publié le 19 septembre par Medical Dialogues souligne la même limite méthodologique.
Pour la prévention cardiovasculaire, les auteurs et la British Heart Foundation mettent surtout l’accent sur les facteurs déjà établis, notamment le tabagisme, l’excès de masse grasse et l’inactivité physique, tout en appelant à mieux prendre en compte la santé mentale et les conditions sociales qui peuvent accompagner l’inflammation chronique.





