Le bloc d’opposition conduit par Gadi Eisenkot devance le camp de Benjamin Netanyahu sans atteindre la majorité au Parlement israélien, selon les sondages de sortie des urnes publiés mardi 27 octobre. Les principales chaînes accordent 52 sièges à l’opposition contre 50 aux alliés du Premier ministre sortant.
Les partis arabes non alignés obtiendraient les 18 sièges restants dans une Knesset qui en compte 120. Leur soutien pourrait donc devenir décisif, alors que 61 députés sont nécessaires pour former une majorité et qu’Eisenkot a jusqu’ici presque exclu de gouverner avec eux.
Ces projections ne constituent pas les résultats officiels. Une chaîne favorable à Netanyahu a donné un scénario différent, créditant son camp de 60 sièges, tandis que le décompte final peut encore modifier la répartition entre les petits partis proches du seuil électoral.
La participation a atteint 77,7 %, selon la Commission électorale centrale israélienne. Ce niveau, le plus élevé depuis plus de vingt ans, dépasse d’environ sept points celui des législatives de 2022.
Le scrutin était le premier organisé depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi à Gaza, au Liban et en Iran. La campagne a porté sur la sécurité, la responsabilité du gouvernement dans les défaillances ayant précédé l’attaque, le service militaire des ultra-orthodoxes et la place du pouvoir judiciaire.
Ancien chef d’état-major, Gadi Eisenkot a quitté le cabinet de guerre de Netanyahu en 2024 en dénonçant sa conduite du conflit. Benjamin Netanyahu, au pouvoir pendant près de dix-neuf des trente dernières années, affrontait aussi les critiques liées à son procès pour corruption, des accusations qu’il rejette.
Les sièges de la Knesset sont répartis à la proportionnelle entre les listes qui dépassent 3,25 % des suffrages. Après la proclamation des résultats, le président Isaac Herzog consultera les partis et chargera le dirigeant jugé le mieux placé de former une coalition, une procédure qui peut durer plusieurs semaines et déboucher sur un nouveau scrutin si aucune majorité n’émerge.





