L’armée soudanaise a arrêté dimanche 8 novembre Ahmed Haroun, chef du Parti du congrès national dissous et ancien responsable du régime d’Omar el-Béchir, recherché depuis 2007 par la Cour pénale internationale pour des crimes présumés commis au Darfour.
Deux responsables de son parti ont confirmé la détention à Reuters. Un responsable sécuritaire cité par l’AFP a indiqué qu’il avait été placé en garde à vue dans le cadre de procédures judiciaires, sans préciser le lieu ni la base légale retenue. L’armée n’avait pas publié de communiqué dans l’immédiat.
Le Parti du congrès national a dénoncé une arrestation arbitraire et réclamé sa libération.
La détention est intervenue après une longue interview diffusée durant le week-end, au cours de laquelle Ahmed Haroun a soutenu que son parti et l’armée, malgré leurs divergences politiques, restaient alliés dans la guerre contre les Forces de soutien rapide.
La CPI a émis le 27 avril 2007 un mandat d’arrêt contre lui. Le dossier porte sur 20 chefs de crimes contre l’humanité et 22 chefs de crimes de guerre, notamment des meurtres, des persécutions, des transferts forcés, des viols, des actes de torture, des attaques contre des civils et des pillages présumés commis au Darfour en 2003 et 2004.
Ahmed Haroun occupait alors le poste de ministre d’État à l’Intérieur et supervisait le bureau de sécurité du Darfour, selon la Cour. Il a toujours rejeté ces accusations en les présentant comme politiques.
Arrêté après la chute d’Omar el-Béchir en avril 2019, il était resté détenu jusqu’au début de la guerre en 2023, lorsqu’il avait quitté la prison de Kober avec d’autres anciens responsables. Il avait depuis conservé un profil discret avant sa récente réapparition publique.
Le conflit oppose depuis avril 2023 l’armée dirigée par Abdel Fattah al-Burhane aux Forces de soutien rapide de Mohamed Hamdane Daglo. Il a provoqué des massacres ethniques, des déplacements massifs et des épisodes de famine, tandis que des militants islamistes liés à l’ancien pouvoir ont soutenu plusieurs avancées de l’armée.
La CPI indique que le dossier restera au stade préliminaire tant qu’Ahmed Haroun ne lui aura pas été transféré à La Haye.




