Un juge paraguayen a ordonné samedi 7 novembre le placement en détention provisoire de l’ancien président Santiago Peña dans le régiment de la garde présidentielle à Asunción, au lendemain de sa destitution liée à la crise d’Ueno Bank, selon Reuters et l’Associated Press.
Le parquet l’a inculpé pour des faits présumés d’abus de confiance et d’administration à son profit. Ces infractions sont passibles chacune d’une peine maximale de dix ans de prison, tandis que Peña a plaidé non coupable et nie tout acte répréhensible.
Les procureurs lui reprochent d’avoir utilisé ses fonctions pour inciter des organismes publics et des entreprises d’État à maintenir leurs fonds auprès d’Ueno Bank malgré ses liens financiers antérieurs avec la société mère de l’établissement. L’ancien chef de l’État avait cédé en mars 2025 les actions qu’il détenait dans ce groupe.
L’ancien président de la Banque centrale Carlos Carvallo a également été placé en détention provisoire. Il est notamment poursuivi pour abus de confiance et production présumée de faux documents publics dans la même enquête.
La Banque centrale du Paraguay avait engagé le 2 novembre la procédure de résolution d’Ueno Bank après avoir constaté que son ratio de solvabilité était tombé sous la moitié du minimum réglementaire. La mesure a bloqué l’accès aux comptes de près de trois millions de clients et provoqué des manifestations dans le pays.
Les autorités ont versé environ 160 millions de dollars à près de 1,2 million d’épargnants au titre du fonds public de garantie des dépôts. La couverture légale atteint 228,3 millions de guaranis par déposant et par établissement, selon la Banque centrale.
Le Congrès a destitué Peña vendredi après avoir rejeté sa démission, puis Pedro Alliana a pris la tête de l’État pour achever le mandat présidentiel en août 2028. L’avocat de l’ancien président a annoncé que son client coopérerait avec la justice et demanderait l’abandon des poursuites.





