L’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique a lancé mardi 3 novembre à l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville une tournée de sensibilisation dans cinq structures sanitaires de référence, afin d’améliorer la détection et la notification des effets indésirables des médicaments. L’initiative s’inscrit dans la MedSafetyWeek 2026, organisée du 2 au 8 novembre.
Cette première étape a réuni des professionnels de santé autour des mécanismes de pharmacovigilance et de leurs obligations de déclaration. L’AIRP leur a demandé de faire remonter les réactions suspectes, mais aussi les erreurs médicamenteuses, les surdosages, les usages hors autorisation, les défauts de qualité et les expositions à des médicaments pendant la grossesse ou l’allaitement.
Les données présentées par l’autorité montrent l’ampleur de la sous-notification hors vaccination. L’AIRP a enregistré 2 122 déclarations en 2024, dont 1 972 manifestations indésirables après vaccination, puis 878 en 2025, dont 727 liées à la vaccination. Les signalements concernant les médicaments restent limités à environ 150 cas par an.
La campagne accorde une attention particulière aux femmes enceintes ou allaitantes, aux nouveau-nés et aux enfants. Ces populations sont moins représentées dans les essais cliniques, ce qui renforce l’importance des informations recueillies après la mise sur le marché des traitements. Chaque déclaration peut contribuer à repérer un signal de sécurité et à préciser les risques associés à un médicament.
L’Organisation mondiale de la santé rappelle que tous les effets indésirables ne peuvent pas être identifiés avant la commercialisation. Elle encourage les patients, les proches aidants et les soignants à signaler rapidement une réaction suspecte par le dispositif national, même lorsqu’ils ne sont pas certains que le médicament en soit la cause.
Le cadre présenté à Bingerville repose sur la loi du 3 août 2017 créant l’AIRP et sur un arrêté du 14 juillet 2026 consacré à l’organisation des vigilances en Côte d’Ivoire. Selon l’autorité, les professionnels de santé doivent notifier immédiatement les effets indésirables constatés, tandis que les établissements doivent organiser leur dispositif interne, former le personnel et transmettre les informations recueillies.
Huit situations inspirées des services de maternité et de pédiatrie ont été soumises aux participants, et sept relevaient d’une notification. L’AIRP et l’équipe de pharmacovigilance de l’hôpital ont aussi examiné la possibilité de faire de l’établissement un centre de référence pour le couple mère-enfant. Les actions de sensibilisation doivent se poursuivre jusqu’au 8 novembre dans les structures de santé et sur les plateformes numériques de l’autorité.





