Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a appelé à New York à réformer l’architecture financière mondiale et à mieux représenter l’Afrique dans les instances de décision. Il s’exprimait le 22 septembre, en qualité de président en exercice de la CEDEAO, lors d’une réunion consacrée au Pacte pour l’avenir.
Selon le compte rendu publié par les Nations unies, Bassirou Diomaye Faye a demandé une gouvernance économique internationale plus inclusive, une meilleure représentation africaine dans les organes de décision et un système fiscal mondial plus équitable.
Le dirigeant sénégalais a lié cette réforme aux contraintes qui pèsent sur les économies africaines. Il a cité le déficit d’infrastructures, la faiblesse de l’industrialisation, les besoins de financement, le chômage et le poids du service de la dette. Une part importante des ressources publiques est, selon lui, absorbée par les remboursements au détriment de l’éducation, de la santé et des infrastructures.
Le président de la CEDEAO a également défendu une fiscalité internationale plus juste et une mobilisation accrue des ressources nationales. Il a présenté la Zone de libre-échange continentale africaine comme un levier pour stimuler le commerce entre pays africains et renforcer leur capacité de négociation.
La réunion s’est tenue deux ans après l’adoption du Pacte pour l’avenir, qui comprend 56 actions et doit faire l’objet d’un examen en 2028. La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a insisté sur la recherche d’équité plutôt que d’assistance, tandis que le président kényan William Ruto a proposé un rapport africain consolidé sur la mise en œuvre du Pacte.
Le chef de la Commission économique pour l’Afrique, Claver Gatete, a de son côté suggéré un tableau de bord annuel pour mesurer les progrès du continent. Il a rappelé que le ratio moyen impôts-PIB de l’Afrique demeure proche de 16 %, un niveau qui limite la capacité de financement public.
Cette intervention intervient une semaine après une rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Les deux responsables avaient alors salué les progrès des discussions en vue d’un nouveau programme d’appui au Sénégal, selon Reuters. Le FMI avait aussi pris acte de l’intention des autorités sénégalaises d’engager un traitement de la dette afin de rétablir plus rapidement la viabilité budgétaire.
