Près de 2,7 millions de personnes sont revenues à Khartoum depuis que l’armée soudanaise a repris le contrôle de la capitale, mais une grande partie des habitants retrouve une ville où l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins et à l’emploi reste très dégradé.
Environ quatre millions de personnes avaient fui l’agglomération de Khartoum après le début de la guerre en avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR). Le retour massif observé depuis la reconquête de la capitale ne signifie pas pour autant un retour à la normale.
Une capitale libérée, mais encore paralysée
Dans plusieurs quartiers, les réseaux électriques restent instables, les services publics fonctionnent au ralenti et de nombreux commerces n’ont pas repris leur activité. Les pénuries de médicaments et la difficulté à trouver un emploi poussent certaines familles revenues du Caire ou d’autres villes à envisager un nouveau départ.
Les destructions constituent un autre obstacle. De nombreux immeubles ont été endommagés par les combats et certaines zones restent exposées aux munitions non explosées. Le retour des habitants accroît parallèlement la pression sur les infrastructures encore opérationnelles.
La situation économique ajoute une difficulté supplémentaire. La livre soudanaise s’est fortement dépréciée en 2026 dans les zones contrôlées par l’armée, ce qui renchérit le coût des biens essentiels au moment même où les besoins augmentent avec le retour des déplacés.
Khartoum concentre ainsi un paradoxe : le retour de millions d’habitants traduit la volonté de reconstruire une vie dans la capitale, mais les conditions matérielles restent suffisamment fragiles pour pousser une partie d’entre eux à repartir.





