L’Organisation mondiale de la santé a relayé lundi 12 octobre 2026 une nouvelle alerte de l’IPC sur un risque croissant de famine dans plusieurs secteurs du Grand Darfour et du Grand Kordofan, au Soudan. Le mécanisme international attribue cette dégradation au conflit, aux déplacements massifs, à une sécheresse sévère et à l’insuffisance du financement humanitaire.
L’alerte ne conclut pas qu’une famine est actuellement déclarée dans l’ensemble de ces régions. Elle signale des conditions qui peuvent faire basculer certaines zones si les combats s’intensifient, si l’accès à la nourriture se réduit encore ou si l’aide ne peut pas atteindre les populations.
Soudan : 2,7 millions de personnes sont revenues à Khartoum, mais la capitale reste difficilement habitableLes dernières données nationales comparables de l’IPC portent sur la période allant de février à mai 2026. Elles estimaient que près de 19,5 millions de personnes, soit environ 41 % de la population, se trouvaient en phase de crise alimentaire ou à un niveau plus grave.
Parmi elles, près de 135 000 personnes étaient classées en phase de catastrophe et plus de cinq millions en phase d’urgence. L’IPC avait alors identifié quatorze zones du Darfour du Nord, du Darfour du Sud et du Kordofan du Sud exposées à un risque de famine dans un scénario défavorable.
La nouvelle alerte met aussi en avant une sécheresse liée au phénomène El Niño, qui touche environ la moitié du pays. Les pertes de récoltes localisées réduisent les stocks alimentaires et les revenus, tandis que la hausse des prix limite davantage l’accès aux produits de base.
Les agences des Nations unies estiment que 825 000 enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë sévère en 2026. Les établissements de santé restent souvent inaccessibles dans les zones de combat et le manque d’eau potable augmente les risques de maladie.
L’IPC souligne que les projections nationales récentes ne couvrent pas toutes les localités, faute de données disponibles. Les chiffres de mai servent donc de référence, mais ils ne doivent pas être présentés comme un décompte exhaustif de la situation en octobre.
L’accès humanitaire durable et la fin des hostilités restent les conditions mises en avant par l’IPC, l’OMS, le Programme alimentaire mondial, la FAO et l’UNICEF pour empêcher une nouvelle aggravation.




