Une étude commandée par le Comité de concertation État-Secteur privé a proposé jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan de plafonner à terme à 60 jours les paiements entre entreprises, afin de réduire les retards qui fragilisent la trésorerie des petites et moyennes entreprises ivoiriennes.
Les résultats, présentés au Novotel Abidjan Plateau avec l’appui du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, reposent sur 97 réponses exploitables recueillies auprès de PME, de grandes entreprises, de banques et de structures d’accompagnement. Les mesures avancées restent des recommandations et ne constituent pas encore de nouvelles obligations.
Parmi les PME interrogées, plus de sept sur dix ont déclaré subir des tensions récurrentes de trésorerie. Seize des 48 entreprises ayant répondu sur leurs délais effectifs ont indiqué être payées au-delà de 90 jours, tandis que 28 sur 49 ont déjà refusé des marchés faute de ressources suffisantes et que 29 ont connu ou frôlé une cessation de paiement.
L’étude préconise d’abord des plafonds négociés selon les secteurs. Le délai maximal atteindrait 90 jours dans le bâtiment et les travaux publics, 60 jours dans l’agro-industrie avant une réduction envisagée à 45 jours, et 30 jours dans la santé privée. Après une année d’adaptation, une limite générale de 60 jours pourrait s’appliquer aux autres activités.
Le dispositif proposé associe ces échéances à des pénalités automatiques et à une indemnité forfaitaire de recouvrement de 25 000 FCFA par facture impayée. Il prévoit aussi un observatoire placé auprès du CCESP, une déclaration trimestrielle des retards fondée sur la facture normalisée électronique, un registre national des factures accessible aux banques et un arbitrage accéléré devant la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire.
Les documents officiels du CCESP rappellent que l’État s’est engagé à payer ses fournisseurs dans un délai maximal de 90 jours après la prise en charge de la dépense par le comptable public. Ils relèvent en revanche un encadrement limité des délais entre entreprises privées, alors que les retards réduisent les capacités d’investissement et l’accès au financement des PME.
La feuille de route suggère un déploiement sur 24 à 36 mois, avec une phase de concertation, une expérimentation puis une généralisation par un texte-cadre. Les contributions recueillies lors de la restitution doivent encore servir à finaliser l’étude avant l’engagement d’une éventuelle réforme.





