Marion Cotillard ne cache ni son scepticisme ni son inquiétude face aux acteurs créés par intelligence artificielle. À Saint-Sébastien, l’actrice française a assuré que leurs performances actuelles ne la convainquaient pas, tout en redoutant le jour où une émotion artificielle pourrait réellement la toucher.
Marion Cotillard a livré une formule aussi drôle que tranchante jeudi 24 septembre 2026, lors de la présentation de son nouveau film au Festival de Saint-Sébastien. Interrogée sur l’arrivée de personnages entièrement générés par intelligence artificielle dans le cinéma, l’actrice oscarisée a comparé leur jeu à celui de « pommes de terre ».
« Pour l’instant, je trouve qu’ils jouent comme des pommes de terre, et cela me rassure », a-t-elle déclaré devant les journalistes, selon une dépêche de l’AFP.
Derrière la plaisanterie, la star de La Môme a exprimé une préoccupation plus profonde. Elle a expliqué craindre le moment où un acteur conçu par ordinateur parviendrait à provoquer chez elle une émotion authentique, au point de lui faire oublier qu’aucun interprète humain ne se trouve à l’écran.
Une inquiétude au cœur du débat sur l’IA
Cette prise de position intervient alors que l’industrie du cinéma débat de plus en plus vivement de la place de l’intelligence artificielle dans la création. Les artistes et les techniciens s’interrogent notamment sur l’utilisation de leur image, la protection des métiers et la capacité des studios à fabriquer des personnages numériques crédibles.
Marion Cotillard s’exprimait pendant la conférence de presse officielle de 7h40 ce matin-là / Milo, organisée le 24 septembre. Elle y était entourée de la réalisatrice Nicole Garcia, du scénariste Jacques Fieschi et du producteur Alain Attal.
Le Festival de Saint-Sébastien avait annoncé sa présence parmi celles de plusieurs grandes figures du cinéma international. La comédienne, récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice en 2008 pour son interprétation d’Édith Piaf, y accompagne la nouvelle réalisation de Nicole Garcia.
Avec cette déclaration, Marion Cotillard ne rejette pas seulement une technologie encore imparfaite. Elle pose surtout une question qui traverse désormais Hollywood et le cinéma européen : que restera-t-il de l’interprétation lorsque des personnages artificiels sauront susciter les mêmes émotions que des comédiens de chair et de sang ?



