La Côte d’Ivoire veut mobiliser 1 600 milliards de francs CFA d’investissements privés d’ici à 2030 pour développer l’élevage, la pêche et l’aquaculture, a annoncé lundi 26 octobre à Abidjan le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, lors de la présentation de la deuxième phase de la politique nationale consacrée à ces filières.
Cette somme représente 80 % des près de 2 000 milliards de francs CFA prévus pour financer la PONADEPA II sur la période 2026-2030. Le solde doit être apporté par l’État et ses partenaires, tandis que les montants annoncés correspondent à un objectif de mobilisation et non à des engagements privés déjà sécurisés.
Les Éléphanteaux U15 cèdent 2-1 face à l’Argentine après leur succès contre le KirghizistanLe gouvernement cherche ainsi à réduire une dépendance extérieure qui reste élevée. Les importations de viande et de poisson ont représenté près de 780 milliards de francs CFA en 2024, selon les chiffres présentés par le ministre. La production nationale ne couvre actuellement que 49 % des besoins en viande, 15 % des besoins en lait et 12 % de la demande en produits halieutiques.
La nouvelle feuille de route doit porter de 36 % à 75 % la couverture globale des besoins en protéines animales et halieutiques par la production locale. Le gouvernement vise également la création de 1,5 million d’emplois et le doublement de la contribution du secteur au produit intérieur brut agricole d’ici à 2030.
Les objectifs de production comprennent plus de 840 000 tonnes de viande, 149 000 tonnes de poissons d’aquaculture et 120 000 tonnes de produits de la pêche. Ces cibles placent les investissements dans les élevages, les fermes aquacoles, la transformation et la distribution au cœur du dispositif.
Entre 2021 et 2025, la production de viandes et d’abats a progressé de 27,4 % pour atteindre 231 658 tonnes, tandis que celle des œufs de consommation a augmenté de 52,8 %, d’après le bilan gouvernemental. La production aquacole a plus que doublé, passant de 6 300 à 12 895 tonnes.
Le financement demeure toutefois le principal écart à combler. Lors de la préparation de cette seconde phase en février, le ministère avait indiqué que 146 milliards de francs CFA avaient été mobilisés entre 2022 et 2025, soit 17 % des besoins initialement évalués pour la première politique.
Pour attirer les capitaux, le modèle annoncé repose sur des agrégateurs, des entreprises nationales capables d’entraîner les filières et quatorze zones de développement de l’élevage et de l’aquaculture réparties sur le territoire. Le plan prévoit aussi des relations contractuelles renforcées entre producteurs et industriels ainsi que la modernisation des infrastructures de transformation et de commercialisation.
La PONADEPA II est intégrée au Plan national de développement 2026-2030 et au Programme d’accélération de la souveraineté alimentaire piloté sous l’autorité du Premier ministre Robert Beugré Mambé.




