Les victimes du déguerpissement de Koumassi Campement, dans le sud d’Abidjan, ont demandé l’accélération de l’enquête judiciaire et le descellement du site, dimanche 20 septembre 2026, plus de trois mois après les démolitions du 3 juin.
Le président du collectif des victimes, Didier Kouamé, a indiqué lors d’une conférence de presse tenue sur les lieux que le groupe souhaitait voir la procédure avancer plus rapidement afin que les responsabilités soient établies. Le collectif réclame également la levée des scellés posés sur le site depuis le 12 juin, pour permettre aux propriétaires d’envisager les suites à donner à leurs biens et à leur relogement.
Les représentants des victimes ont appelé les personnes concernées à rester calmes et à poursuivre leurs démarches par les voies judiciaires. Ils affirment avoir fait établir un constat d’huissier et préparé une plainte. Des membres du collectif disent aussi avoir été entendus par la Haute Autorité pour la bonne gouvernance et par la doyenne des juges d’instruction.
Le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Braman Koné, avait indiqué le 16 septembre que l’enquête ouverte le 10 juin se poursuivait. Selon les éléments communiqués par le parquet et relayés par le portail officiel du gouvernement, la zone touchée couvre 6,8 hectares et comprend 250 lots.
Le parquet a également indiqué que plusieurs personnes susceptibles de détenir des informations utiles avaient été entendues, parmi lesquelles le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, le maire de Koumassi et un député. Ces auditions ne valent pas mise en cause ni condamnation, l’information judiciaire restant en cours.
La Haute Autorité pour la bonne gouvernance avait annoncé en juin des vérifications préliminaires sur le dossier. À ce stade, elle indiquait que les éléments disponibles ne permettaient ni d’établir la régularité des droits revendiqués sur le site ni de conclure à des irrégularités dans les opérations, justifiant la poursuite des investigations.
