Plus de 265 établissements de santé ivoiriens sont désormais concernés par le Dossier patient informatisé (DPI), selon le ministère de la Santé. Présenté le 21 septembre 2026 à Abidjan lors des Journées portes ouvertes de la Banque mondiale, le dispositif vise à remplacer les registres dispersés par un suivi numérique utilisable dans les centres équipés.
À l’accueil, le patient est enregistré dans la plateforme et reçoit un ticket associé à un identifiant. Ce code permet de retrouver son historique lors d’une nouvelle consultation dans le même établissement ou dans un autre centre connecté. À Boundiali, où le DPI fonctionne depuis juin, les agents de santé disent aussi pouvoir produire plus rapidement leurs rapports mensuels, selon le compte rendu du panel publié par Abidjan.net.
La Direction de l’Informatique et de la Santé Digitale a présenté de son côté une cartographie de 258 établissements interconnectés dans 13 régions sanitaires. Elle revendique plus de 7,3 millions de dossiers numérisés et 51,1 milliards de FCFA de recettes sécurisées grâce au système d’information hospitalier. Ces données proviennent du ministère et ne sont pas présentées comme un audit indépendant.
Les deux communications ne retiennent donc pas exactement le même périmètre : plus de 265 établissements « concernés » selon l’intervention rapportée à Abidjan, contre 258 sites « interconnectés » sur la carte de la direction technique. Les documents consultés ne précisent pas si l’écart correspond à des sites en cours de raccordement ou à une date de comptage différente.
Le déploiement reste par ailleurs exposé aux problèmes de connexion. À Boundiali, le médecin-chef du centre de santé urbain a signalé des ralentissements ponctuels du réseau, sans remettre en cause l’intérêt de l’outil pour la continuité des soins et la production des statistiques.
Une revue de littérature publiée le 29 janvier situe cette extension dans la stratégie ivoirienne de santé numérique. Ses auteurs jugent les projets prometteurs, mais appellent à renforcer les infrastructures, les ressources humaines et l’interopérabilité. L’étude, fondée sur quinze documents examinés jusqu’en avril 2025, ne mesure pas le déploiement actuel du DPI et signale elle-même les limites liées au recours à la littérature grise.
