Le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) et l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB-AOC) ont mis en avant, lundi 21 septembre 2026 à Abidjan, le biodigesteur comme solution pour transformer des déchets organiques en biogaz et en fertilisant.
La présentation, organisée à Cocody dans le cadre du Mois du biodigesteur 2026, a porté sur la valorisation des déjections animales, des résidus agricoles et de certains déchets agroalimentaires. Placées dans une cuve sans oxygène, ces matières fermentent et produisent du biogaz ainsi qu’un résidu, le digestat, utilisable comme fertilisant organique.
Le dispositif est déjà utilisé à Bohoussoukro, dans le département de Duékoué, où des productrices d’attiéké se servent du biogaz pour la cuisson, selon l’Agence ivoirienne de presse. Un biodigesteur de plus de 100 mètres cubes est par ailleurs en cours de réalisation à l’abattoir de la SIVAC, à Yopougon, pour valoriser des sous-produits issus des activités d’abattage.
Les promoteurs de la technologie veulent également l’étendre aux exploitations agricoles et aux unités de transformation. Le biogaz peut notamment servir à la cuisson, à l’éclairage ou à certaines productions énergétiques, tandis que le digestat peut être réutilisé dans les cultures.
Le développement du secteur dépend aussi du cadre institutionnel. Le Sénat ivoirien a confirmé la tenue, le 16 septembre à Abidjan, d’un atelier réunissant parlementaires, administration et responsables de l’AB-AOC autour des enjeux liés à la ratification de la convention créant l’Alliance. La Côte d’Ivoire a déjà signé cette convention et, selon l’AIP, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi autorisant sa ratification.
Créée en 2018, l’AB-AOC réunit le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. L’organisation accompagne ses États membres dans la structuration du marché du biodigesteur, la formation des acteurs et la mobilisation de financements.
