Les régions du Tchologo, du Poro, de la Bagoué et du Bounkani devraient rester en situation de Stress, correspondant à la phase 2 de l’IPC, jusqu’en janvier 2027, selon les dernières perspectives de FEWS NET sur la Côte d’Ivoire. Le réseau d’alerte relie cette pression alimentaire à l’insécurité persistante aux frontières avec le Burkina Faso et le Mali, à la hausse des prix et aux contraintes qui pèsent sur l’accès aux terres, aux pâturages et aux marchés.
Dans ses perspectives couvrant la période allant jusqu’à janvier 2027, FEWS NET estime qu’entre 500 000 et 749 999 personnes pourraient avoir besoin d’une assistance alimentaire humanitaire pour couvrir leurs besoins essentiels et protéger leurs moyens d’existence. Les besoins sont surtout concentrés dans le nord et le nord-est, qui accueillent la majorité des réfugiés pendant la période de soudure.
Une mise à jour publiée par FEWS NET en juillet indique que plus de 80 000 réfugiés burkinabè et maliens étaient alors principalement concentrés dans le Bounkani, le Tchologo et le Poro. Selon l’organisme, leur présence accroît la demande sur les services de base et les ressources naturelles, tandis que l’insécurité transfrontalière limite l’accès à certaines terres et zones de pâturage et perturbe l’approvisionnement des marchés en produits agricoles et d’élevage.
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés recensait, de son côté, 93 200 réfugiés et demandeurs d’asile en Côte d’Ivoire à fin juin 2026, dont environ 82 000 originaires du Burkina Faso. Ces données ne couvrent pas exactement le même périmètre ni la même période que celles utilisées par FEWS NET, mais elles confirment l’ampleur des déplacements vers le nord ivoirien.
Le Programme alimentaire mondial concentre une part importante de ses opérations dans le nord, l’ouest et le nord-est du pays. L’agence indique fournir une assistance monétaire mensuelle à 33 880 demandeurs d’asile et un appui trimestriel à 5 700 membres vulnérables des communautés hôtes. Elle signale toutefois que la dégradation du financement a déjà réduit le niveau et la couverture de cette assistance.
FEWS NET prévoit une amélioration saisonnière à partir des récoltes de septembre, avec une hausse progressive des disponibilités alimentaires et une reconstitution des stocks des ménages. L’organisme estime néanmoins que l’offre pourrait rester inférieure à celle de l’année précédente dans certaines zones céréalières et cotonnières du nord et du centre, en raison notamment du coût élevé des intrants et des difficultés d’accès aux engrais.
À l’échelle nationale, FEWS NET ne décrit pas une crise alimentaire généralisée. Les situations les plus tendues restent concentrées dans le Grand Nord, tandis que la majorité des zones urbaines demeure classée en situation Minimale, phase 1 de l’IPC. Le Projet de pôle agro-industriel dans le Nord, porté par le gouvernement, couvre notamment le Poro, la Bagoué et le Tchologo et vise à renforcer la productivité agricole, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire dans cette zone.
