Soixante-trois organisations de producteurs, syndicats et coopératives de la filière café-cacao ont appelé samedi 26 septembre 2026 à Abidjan à suspendre tout mouvement de grève et à privilégier la concertation avec les autorités. Leur prise de position intervient au début de la campagne 2026-2027, dans un secteur où les tensions sociales se mêlent aux enjeux de commercialisation et de traçabilité.
Réunis à l’Ivotel Plateau, les responsables ont indiqué avoir consulté 63 organisations sur les 90 recensées dans la filière. Leur objectif affiché est de désamorcer les tensions et d’éviter une rupture de la campagne au moment où les premiers volumes de cacao commencent à être enregistrés dans le nouveau système national de traçabilité.
Côte d’Ivoire : après 6,7 millions de visiteurs, le tourisme mise sur l’intelligence artificielle« Les paysans souffrent. Les organisations également que nous avons créées souffrent. Mais est-ce dans les bagarres que nous allons pouvoir régler les problèmes de la filière café-cacao ? », a déclaré Tia Marcel, président du Conseil national des syndicats agricoles de Côte d’Ivoire.
La déclaration commune lue à Abidjan demande aux organisations de « surseoir à tout mouvement de grève pour aller à la concertation et au dialogue » avec l’OIA Café-Cacao et le Conseil du Café-Cacao.
Une filière traversée par des lignes de fracture
La position adoptée à Abidjan ne fait pas l’unanimité dans la filière. La veille, à Daloa, plusieurs producteurs et responsables de coopératives du Haut-Sassandra s’étaient déjà désolidarisés du mot d’ordre de grève générale et illimitée lancé par le SYNAP-CI, affirmant qu’il ne représentait pas l’ensemble des producteurs.
Ces divergences apparaissent alors que la campagne 2026-2027 entre dans sa phase opérationnelle. Les acteurs qui appellent au dialogue veulent éviter que les tensions syndicales ne perturbent les achats, le transport et les premières livraisons de fèves vers les ports d’Abidjan et de San Pedro.



