La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu mercredi 23 septembre Mahamat Saïd Abdel Kani coupable de crimes contre l’humanité commis en 2013 en République centrafricaine, alors que le pays basculait dans la guerre civile.
Selon le jugement rapporté par l’Agence France-Presse et Le Monde, les magistrats ont établi que l’ancien commandant de la Séléka avait supervisé des passages à tabac et des mauvais traitements dans des lieux de détention à Bangui. Les victimes étaient notamment soupçonnées de soutenir l’ancien président François Bozizé.
Mahamat Saïd, qui avait plaidé non coupable, répondait depuis l’ouverture de son procès en septembre 2022 de sept chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il est le premier ancien responsable de la Séléka jugé par la CPI dans le dossier centrafricain.
La coalition rebelle à majorité musulmane avait renversé François Bozizé en mars 2013. Sa prise de pouvoir avait alimenté un cycle de violences avec les milices anti-balaka, à dominante chrétienne, faisant de nombreuses victimes civiles et provoquant d’importants déplacements de population.
Un nouveau verdict dans le dossier centrafricain
L’affaire s’inscrit dans la seconde enquête de la CPI sur la République centrafricaine. Le gouvernement centrafricain avait saisi la Cour en mai 2014 au sujet des crimes présumés commis à partir de 2012, avant l’ouverture formelle des investigations en septembre de la même année.
En juillet 2025, la CPI avait déjà reconnu coupables Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona, deux figures des anti-balaka, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le procès de Mahamat Saïd représentait l’autre versant des poursuites liées aux affrontements de 2013 et 2014.
Le jugement rendu mercredi porte sur la culpabilité. Les comptes rendus disponibles au moment de la publication ne faisaient pas état d’une peine prononcée contre l’ancien commandant rebelle.
