Fermer l’abattant avant de tirer la chasse d’eau ne suffit pas à empêcher la dispersion de fines particules dans la salle de bains. Une revue systématique publiée le 15 septembre 2026 dans Science of the Total Environment, fondée sur 22 études, confirme que la chasse peut générer des aérosols et des bioaérosols capables de se retrouver à hauteur de respiration.
Les chercheurs de Flinders University ont surtout retrouvé deux facteurs associés de manière cohérente à une production plus importante d’aérosols : une charge microbienne plus élevée dans la cuvette ou l’eau de chasse, et un volume de chasse plus important. En revanche, les données disponibles sur l’effet propre de la pression, de la ventilation et de la position de l’abattant restent limitées et parfois contradictoires.
Une expérience publiée en 2022 dans Scientific Reports avait déjà visualisé au laser le panache produit par des toilettes publiques sans abattant. Les particules montaient jusqu’à environ 1,5 mètre en huit secondes, avec des vitesses supérieures à 2 mètres par seconde. Cette expérience concernait un modèle de toilettes commerciales et ne permet pas de transposer exactement ces chiffres à toutes les installations domestiques.
Sur des toilettes domestiques et publiques, une étude publiée en 2024 dans l’American Journal of Infection Control a utilisé le bactériophage MS2 comme substitut expérimental de virus entériques. La contamination mesurée sur les surfaces après la chasse ne variait pas significativement selon que l’abattant était ouvert ou fermé. Les auteurs ont en revanche observé qu’un nettoyage de la cuvette avec une brosse et un désinfectant réduisait fortement la contamination virale dans l’eau de la cuvette.
Un article publié ce 20 septembre par Martha Stewart recommande encore de fermer l’abattant avant la chasse pour limiter les projections. La revue de 2026 invite à nuancer cette règle : fermer l’abattant peut rester une mesure de précaution lorsqu’il existe, mais il ne constitue pas une barrière étanche contre les aérosols et son effet exact sur l’exposition reste insuffisamment établi.
Nettoyage et lavage des mains restent essentiels
Les gestes les mieux étayés consistent à nettoyer régulièrement la cuvette, le siège, la poignée ou le bouton de chasse et les surfaces proches, puis à se laver les mains après utilisation. Cette vigilance est particulièrement utile lorsqu’une personne du foyer souffre d’une infection digestive ou lorsqu’une personne fragile partage les mêmes sanitaires.
La revue publiée en septembre relève également qu’un volume de chasse plus faible est généralement associé à moins d’aérosols. Sur les toilettes à double commande, utiliser le petit volume lorsqu’il suffit peut donc réduire la turbulence, sans supprimer pour autant la nécessité d’un entretien régulier des sanitaires.





