Le Ghana a engagé des discussions avec plusieurs pays européens sur des réparations liées à la traite transatlantique, notamment le retour d’objets culturels emportés pendant l’esclavage et la colonisation, a déclaré mercredi 21 octobre à Londres le président John Dramani Mahama.
Le chef de l’État ghanéen a indiqué au sommet Afrique du Financial Times que son pays échangeait avec l’Allemagne, la France et d’autres partenaires. Il a précisé que la démarche ne se limitait pas à une compensation financière et pouvait inclure la restitution de biens culturels ainsi que des mesures favorisant la prospérité des pays du Sud.
Ces discussions prolongent une offensive diplomatique conduite par Accra depuis plusieurs mois. En juin, un sommet réunissant des représentants africains et caribéens dans la capitale ghanéenne a adopté un cadre commun portant sur les compensations, les restitutions et l’allègement de la dette.
Le Ghana a ensuite soutenu en mars une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies reconnaissant la traite transatlantique comme un crime majeur contre l’humanité. Le texte, non contraignant, a été adopté malgré l’opposition des États-Unis et l’abstention de plusieurs pays européens.
En septembre, le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa avait affirmé que le retour des objets culturels constituait la première étape de la campagne. La France et l’Allemagne avaient alors coparrainé avec le Ghana une rencontre consacrée à la justice réparatrice en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.
Selon les éléments présentés au sommet de Londres, l’Allemagne et les Pays-Bas ont déjà prévu le retour de plus de 2 000 objets emportés du Ghana pendant la période coloniale. Des pièces conservées par le British Museum et le Victoria and Albert Museum avaient également été envoyées au Ghana sous la forme de prêts de longue durée en 2024.
La question des réparations doit de nouveau être examinée lors du sommet du Commonwealth prévu en novembre à Antigua-et-Barbuda.





