Le nouveau Système national de traçabilité (SNT) du cacao ivoirien, généralisé depuis le 1er septembre 2026, connaît des difficultés de démarrage, plusieurs coopératives, acheteurs et agents de terrain peinant encore à maîtriser les outils numériques ou à disposer de l’ensemble des équipements nécessaires.
Selon Reuters, des exportateurs basés à Abidjan font état de retards dans certaines opérations d’achat et de livraison en zones de production. Ils mettent en cause une prise en main encore incomplète des outils numériques ainsi que l’absence, chez certains fournisseurs, de terminaux de paiement, de sacs ou de scellés nécessaires au suivi des fèves.
Le Conseil du Café-Cacao (CCC) a reconnu l’existence de difficultés au lancement du dispositif, tout en estimant qu’elles ne remettaient pas en cause sa mise en œuvre. Le régulateur indique avoir acquis 20 000 terminaux de paiement électronique et poursuit leur déploiement selon les volumes d’achats enregistrés lors de la campagne précédente.
Depuis le 1er septembre, la carte électronique du producteur est devenue obligatoire pour les transactions de café et de cacao. Le Conseil du Café-Cacao avait multiplié, avant l’échéance, les campagnes de sensibilisation dans les zones de production afin de préparer producteurs, coopératives et acheteurs à cette nouvelle organisation de la commercialisation.
Une réforme liée aux exigences de traçabilité
Le système repose notamment sur la carte du producteur, des terminaux de paiement et des scellés permettant de suivre les produits depuis la zone de production jusqu’aux étapes suivantes de la chaîne commerciale. À Facobly, l’Agence ivoirienne de presse rapportait en août que les acteurs de la filière étaient encore mobilisés pour achever les enrôlements, distribuer les cartes et adopter les nouveaux mécanismes de paiement.
La réforme vise aussi à préparer la filière ivoirienne au règlement de l’Union européenne sur les produits associés à la déforestation, dont l’application est annoncée au 1er janvier 2027. Le Conseil du Café-Cacao rappelle que cette réglementation impose notamment de pouvoir démontrer l’origine des produits exportés vers le marché européen.
La Côte d’Ivoire produit environ 40 % du cacao mondial et écoule près de 70 % de ses exportations de cacao vers l’Europe, selon Reuters. Des exportateurs interrogés par l’agence estiment que des difficultés prolongées pourraient ralentir les achats et les livraisons en octobre et novembre. Il s’agit à ce stade d’un risque évoqué par les opérateurs, et non d’une interruption générale de la commercialisation.
