L’ancien chef de la transition burkinabè Yacouba Isaac Zida a repris la parole publique après six ans de silence, dans un entretien publié en septembre 2026 par le journal Courrier Confidentiel, où il dresse un constat préoccupant de la situation du Burkina Faso et appelle à ne pas réduire la réponse au terrorisme à la seule action militaire.
Dans la première partie de l’entretien, publiée le 5 septembre, l’ancien chef de l’État de transition puis Premier ministre estime que le Burkina Faso « ne se porte pas mieux » qu’au terme de la transition de 2014-2015. Il évoque des difficultés institutionnelles, politiques, sécuritaires et sociales. RFI a remis cette prise de parole en lumière vendredi 18 septembre, en la présentant comme son retour médiatique après six années de silence.
Sur le front sécuritaire, Yacouba Isaac Zida défend une approche combinant opérations militaires, renseignement, technologies et construction de la paix. Il estime que les pays de l’Alliance des États du Sahel doivent renforcer le partage de renseignements et la coordination opérationnelle, notamment dans les zones frontalières, tout en jugeant prématurée l’idée d’une armée confédérale pleinement intégrée.
L’ancien dirigeant prend également ses distances avec une conception de la souveraineté réduite au remplacement d’un partenaire extérieur par un autre. Selon lui, l’enjeu est de donner au Burkina Faso et à ses voisins les moyens de réduire durablement leurs dépendances, y compris dans les domaines sécuritaire et stratégique.
Dans un second volet publié le 15 septembre, il revient sur les rapports entre pouvoir politique et institution militaire, son exil au Canada et plusieurs dossiers sensibles. Concernant les accusations de tentatives de coup d’État formulées par les autorités burkinabè, il appelle à prendre toute menace crédible au sérieux, mais insiste sur la nécessité d’établir les faits, de produire des preuves et de laisser la justice déterminer les responsabilités.
Cette prudence vaut également, selon lui, pour les poursuites visant l’ancien président de transition Paul-Henri Sandaogo Damiba. Yacouba Isaac Zida affirme qu’une éventuelle responsabilité doit être tranchée dans le cadre d’une procédure judiciaire équitable, sans transformer les accusations publiques en verdicts.
Le site officiel de Yacouba Isaac Zida confirme qu’il a accordé cet entretien à Courrier Confidentiel et a relayé les deux volets les 12 et 15 septembre. Zida avait dirigé le Burkina Faso du 1er au 21 novembre 2014, après la chute de Blaise Compaoré, avant de remettre la présidence de la transition à Michel Kafando puis d’exercer les fonctions de Premier ministre.
