L’entreprise d’aménagement ESTP affirme avoir saisi le Parquet près le Pôle pénal économique et financier dans un différend foncier à Anyama, tandis que Sophia SA, dirigée par Touré Ahmed Bouah, a contesté mercredi 9 septembre 2026 les accusations formulées contre elle et renvoyé le dossier à l’examen des documents fonciers et de la justice.
Selon les responsables d’ESTP, dont les déclarations ont été rapportées par l’Agence ivoirienne de presse (AIP), une plainte a été déposée le 17 août contre Touré Ahmed Bouah pour des faits présumés de faux, usage de faux et escroquerie. L’entreprise dit avoir engagé 1,79 milliard de francs CFA dans la mise en valeur d’un site de 72 hectares à Ayamé-Adjamé 4 Croix. Ces accusations ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.
Le litige porte notamment sur les droits revendiqués sur les parcelles et sur la localisation des travaux réalisés. ESTP soutient avoir été sollicitée par sept familles villageoises pour aménager les 72 hectares et affirme que les démarches engagées vers l’obtention de l’Arrêté de concession définitive ont été interrompues après une procédure initiée par Touré Ahmed Bouah.
Touré Ahmed Bouah a livré une version contradictoire lors d’une conférence de presse tenue le 9 septembre à Abidjan-Cocody. Il affirme que Sophia SA avait confié à ESTP un mandat portant sur l’achèvement du lotissement et la commercialisation de 300 hectares à l’intérieur d’une assiette foncière déterminée, et que les travaux litigieux auraient été réalisés en dehors de ce périmètre.
Le dirigeant de Sophia SA s’est appuyé sur un rapport d’expertise foncière daté du 28 août 2026, établi selon lui par un géomètre-expert agréé et expert près les tribunaux. D’après la présentation qu’il en a faite, la superposition des plans et des relevés topographiques ferait apparaître une discordance entre le périmètre confié à ESTP et la zone effectivement aménagée. BeNews n’a pas pu authentifier indépendamment ce rapport.
Touré Ahmed Bouah a également contesté les accusations relatives à de faux documents et annoncé que Sophia SA entendait saisir la juridiction compétente afin que soient examinés le mandat, les superficies concernées, les travaux réalisés et les montants réclamés. Pressecotedivoire et Akwaba News ont rapporté cette riposte, ce dernier média indiquant avoir consulté des documents montrant l’existence d’un mandat entre les deux sociétés.
Les versions des deux parties divergent donc sur la situation foncière et sur les responsabilités liées aux travaux. Les sources consultées ne font état d’aucune décision judiciaire ayant, à ce jour, tranché le fond du différend.
