L’Organisation internationale du Travail (OIT) veut renforcer les mécanismes de concertation dans la filière cacao ivoirienne, après un atelier de trois jours organisé du 9 au 11 septembre 2026 à Yamoussoukro autour des revenus, des conditions de travail et du dialogue entre les différents acteurs du secteur.
La rencontre a réuni des représentants des pouvoirs publics, du Conseil du Café-Cacao, des organisations de producteurs et de travailleurs, des employeurs, des entreprises, des coopératives, de la société civile et des partenaires techniques. Les travaux visaient notamment à poser les bases d’un mécanisme permanent de dialogue social adapté aux réalités de la chaîne de valeur cacao.
Hamzou Foster, spécialiste du dialogue social intervenant au nom de la direction pays de l’OIT, a plaidé pour une approche collective afin que la performance économique de la filière s’accompagne d’une meilleure répartition de la valeur, de conditions de travail décentes et d’échanges réguliers entre les parties prenantes.
Les discussions ont porté sur le revenu des producteurs, le travail des enfants, les conditions de travail, la gouvernance des coopératives, la durabilité environnementale, la transparence et les exigences croissantes des marchés internationaux. Les participants ont également examiné le concept de revenu vital et les moyens d’améliorer la création et la répartition de la valeur dans la filière.
La directrice générale du Travail, Fanta Coulibaly Kagambega, représentant le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, a souligné que la performance du secteur devait aussi être appréciée à travers sa capacité à améliorer durablement les conditions de vie des producteurs et des travailleurs agricoles.
De son côté, Mamadou Gbongué, responsable au Conseil du Café-Cacao, a rappelé que le revenu du producteur ne dépend pas seulement du prix d’achat, mais aussi du niveau de production, des coûts, de la diversification des activités et de la protection sociale. Le Conseil du Café-Cacao met notamment en avant la prise en charge de la couverture maladie universelle des producteurs et de leurs ménages comme l’un des leviers de sécurisation des revenus.
Cette réflexion intervient alors que la Côte d’Ivoire a renforcé depuis le 1er septembre 2026 son système national de traçabilité du cacao, avec l’utilisation de la carte de producteur dans la commercialisation. Le dispositif doit permettre de mieux suivre l’origine des fèves et de répondre aux nouvelles exigences de durabilité sur les marchés d’exportation.
