Les clients identifiés des services de monnaie électronique en Côte d’Ivoire pourront détenir jusqu’à 4 millions de FCFA auprès d’un même émetteur à compter du 2 novembre 2026. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a signé, le 8 octobre, une instruction qui relève également à 15 millions de FCFA le cumul des rechargements mensuels.
La réforme concerne l’ensemble des États de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Elle modifie les articles 31 et 34 de l’instruction du 21 mai 2015, qui régit l’activité des émetteurs de monnaie électronique.
Le plafond de détention était auparavant fixé à 2 millions de FCFA et celui des rechargements mensuels à 10 millions. Le premier sera donc doublé, tandis que le second augmentera de 50 %. Les nouvelles limites concernent deux opérations différentes : l’argent disponible sur le compte et les sommes qui y sont chargées pendant le mois.
La BCEAO maintient une règle de cumul pour les clients possédant plusieurs instruments auprès d’un même établissement. Ouvrir plusieurs comptes chez le même émetteur ne multiplie donc pas le plafond autorisé.
À titre d’exemple, deux portefeuilles contenant chacun 2,5 millions de FCFA auprès du même établissement représenteraient un solde cumulé de 5 millions. Ce montant dépasserait la nouvelle limite de 4 millions, même si chaque portefeuille, pris séparément, restait en dessous.
Des dérogations sont prévues, mais elles nécessitent une autorisation préalable de la Banque centrale. La demande doit être présentée par l’établissement émetteur, qui précise les montants sollicités, les motifs du dépassement, sa durée et les contrôles renforcés envisagés.
La Banque centrale peut limiter la durée de l’autorisation ou la retirer si les conditions qui avaient justifié son accord ne sont plus réunies. Les distributeurs et les accepteurs de monnaie électronique ne sont pas soumis à ces plafonds lorsqu’ils agissent dans le cadre de leur activité professionnelle.
L’instruction encadre aussi le placement des fonds correspondant à la monnaie électronique en circulation. Au moins 65 % de cet encours doit être couvert en permanence par des dépôts à vue auprès de banques ou d’institutions de microfinance.
Les autres placements autorisés comprennent les dépôts à terme et certaines catégories de titres de dette. La BCEAO peut ajuster les limites de répartition en fonction du profil de risque de l’établissement émetteur.
Le texte, signé à Dakar par le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, fixe son entrée en vigueur au 2 novembre 2026.





