La société américaine Anthropic affirme avoir neutralisé plusieurs opérations ayant utilisé son assistant Claude pour produire ou amplifier des contenus d’influence politique en Afrique, notamment en République centrafricaine, au Kenya et en République démocratique du Congo. Ces cas figurent dans son rapport de renseignement sur les menaces publié en septembre 2026, couvrant des activités détectées entre décembre 2025 et août 2026.
En Centrafrique, Anthropic dit avoir fermé le compte d’un acteur russophone basé à Bangui qui aurait utilisé Claude comme outil de production pour une opération alignée sur les intérêts russes. Selon le rapport, l’activité soutenait notamment Radio Lengo Songo et produisait des contenus favorables au gouvernement centrafricain et à la Russie, ainsi que des messages hostiles à la France et à l’opposition. Ces éléments reposent sur l’enquête interne d’Anthropic et constituent donc des attributions de l’entreprise, non des conclusions judiciaires.
Au Kenya, l’entreprise décrit une autre opération dans laquelle un acteur aurait fait générer par Claude des séries de 50 messages politiques destinés à donner l’apparence de réactions spontanées. Anthropic indique que ces publications soutenaient le gouvernement et visaient des figures de l’opposition, avant que le compte concerné ne soit désactivé.
La RDC apparaît dans un troisième dossier, celui d’un réseau commercial d’« influence à la demande » attribué par Anthropic à LKM Company, une agence de publicité numérique basée en France. L’entreprise affirme que le réseau exploitait environ 70 faux sites d’information, 70 comptes X associés et plus de 250 comptes de commentaires inauthentiques, et qu’il avait publié au moins 8 913 articles en une vingtaine de langues. La RDC faisait partie des marchés politiques ciblés, aux côtés notamment des États-Unis, du Brésil et de la France.
Reuters a confirmé la publication du rapport et rapporté plus largement qu’Anthropic avait identifié plusieurs détournements de Claude dans des activités de cyberespionnage, de surveillance et de développement d’armes. Anthropic précise avoir banni les comptes impliqués et renforcé ses mécanismes de détection, tout en avertissant que ses observations portent sur les usages détectés de son propre service et ne permettent pas, à elles seules, de mesurer l’ampleur globale de ces opérations.
