Le débat sur la rémunération des footballeurs locaux s’est ravivé en Côte d’Ivoire après la table ronde consacrée à l’économie sportive africaine organisée le 10 septembre à Abidjan. Interrogé sur les conditions des joueurs du championnat national, Didier Drogba a jugé préoccupante l’idée qu’un professionnel puisse être payé 50 000 FCFA par mois et a remis en avant la question de la dignité économique des sportifs.
Martial Gohourou a contesté cette présentation lundi sur les réseaux sociaux. Le journaliste affirme qu’aucun joueur professionnel ne touche 50 000 FCFA dans le cadre actuel et rappelle des salaires minimums de 160 000 FCFA en Ligue 1 et de 100 000 FCFA en Ligue 2. Son affirmation sur l’absence totale de rémunérations à 50 000 FCFA relève toutefois de sa déclaration et ne constitue pas, à elle seule, un audit de l’ensemble des contrats et paiements des clubs.
Sur le barème officiel, les chiffres avancés sont documentés depuis août 2022. À l’issue d’un séminaire de la Fédération ivoirienne de football avec les clubs de l’élite, un salaire de base de 160 000 FCFA par mois a été fixé pour au moins 20 joueurs professionnels par club de Ligue 1. Le plancher annoncé pour la Ligue 2 est de 100 000 FCFA.
L’existence de ces minima ne suffit pas à trancher la question de leur application effective dans chaque club. Une étude universitaire publiée en 2023 sur les conditions de vie des joueurs de Ligue 1 signalait des cas de rémunérations inférieures au minimum fixé ainsi que des paiements irréguliers. Le débat oppose donc le cadre salarial officiellement instauré à la réalité concrète de son respect par les employeurs.
La discussion à l’origine de cette nouvelle séquence s’est tenue lors de la restitution du troisième numéro de la Bloomfield Review, au Noom Hôtel d’Abidjan. Didier Drogba, invité d’honneur en duplex, participait aux échanges consacrés au financement, à l’investissement, à la gouvernance et à la structuration de l’économie sportive africaine.





