Plus de 4 000 des quelque 5 000 dossiers enregistrés par le Conseil d’État de Côte d’Ivoire concernent le foncier et les arrêtés de nomination de chefs traditionnels, a indiqué mardi 15 septembre 2026 à Abidjan son président, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, lors d’une rencontre avec une délégation de chefs Atchan.
Le président du Conseil d’État a avancé ce chiffre alors que les représentants de la chefferie Atchan, conduits par Nangui Magès, chef de Songon-Dagbé, sollicitaient un cadre de dialogue régulier avec l’institution pour les différends fonciers et coutumiers qui touchent leurs communautés du district d’Abidjan.
Selon les comptes rendus concordants de la rencontre, les chefs ont notamment évoqué les litiges relatifs aux terres ainsi que les contestations d’arrêtés préfectoraux portant sur la reconnaissance ou la nomination de chefs de village. Coulibaly-Kuibiert a indiqué avoir déjà engagé des échanges avec la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels et le ministère de l’Intérieur sur ces contentieux.
Les autorités traditionnelles ont, de leur côté, proposé d’apporter leur connaissance des réalités locales lorsque le Conseil d’État estime leur contribution utile. Elles ont présenté cette démarche comme un moyen de favoriser le recours aux procédures légales et de prévenir l’aggravation des tensions dans les villages.
La rencontre s’est tenue au siège du Conseil d’État aux II-Plateaux Les Vallons. Le Conseil d’État est la juridiction administrative suprême ivoirienne, compétente notamment pour les recours contre des décisions d’autorités administratives.
Les rôles d’audience publiés par l’institution montrent régulièrement des contentieux portant sur le foncier, les décisions préfectorales et la propriété, ce qui confirme le poids de ces dossiers dans son activité, sans permettre d’établir à eux seuls la proportion avancée mardi par son président.
