Le Conseil du Café-Cacao a assuré vendredi 18 septembre que le Système national de traçabilité (SNT), obligatoire depuis le 1er septembre 2026, fonctionne normalement et qu’il exclut tout retour en arrière. Cette mise au point répond aux critiques du SYNAP-CI, alors que le syndicat a lancé le 16 septembre un mot d’ordre de grève illimitée dans la filière cacao.
Dans un communiqué transmis à l’Agence ivoirienne de presse (AIP), le régulateur affirme que les opérations enregistrées depuis le démarrage du dispositif ne révèlent pas, selon lui, de dysfonctionnement remettant en cause son fonctionnement. Le SNT repose notamment sur l’utilisation obligatoire de la carte du producteur pour les transactions de café et de cacao.
Le Conseil du Café-Cacao répond ainsi aux critiques attribuées à Koné Moussa, président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), qui met en cause la fiabilité du dispositif. L’institution présente au contraire le système comme un outil destiné à renforcer la transparence de la commercialisation et à limiter les circuits frauduleux.
Le dispositif s’inscrit aussi dans la préparation de la filière aux exigences européennes sur les produits associés à la déforestation. La Commission européenne indique que le règlement européen sur les produits sans déforestation doit s’appliquer à partir du 30 décembre 2026 aux opérateurs moyens et grands, puis du 30 juin 2027 à la plupart des micro et petites entreprises.
Le débat sur la traçabilité intervient dans un contexte social tendu. Le SYNAP-CI a déclenché le 16 septembre une grève illimitée pour contester notamment le prix bord champ du cacao, fixé à 1 200 FCFA le kilogramme pour la campagne 2026-2027, et la gestion de stocks résiduels de la campagne précédente. Radio France Internationale rapportait le 17 septembre que le mouvement paraissait toutefois peu suivi parmi les producteurs contactés.
Le prix de 1 200 FCFA le kilogramme a été annoncé le 1er septembre à l’ouverture de la campagne principale 2026-2027. Le ministère de l’Agriculture a expliqué ce niveau par le mécanisme ivoirien de ventes anticipées et par l’évolution des cours internationaux.
Dans sa communication du 18 septembre, le Conseil du Café-Cacao appelle les producteurs, coopératives, acheteurs et exportateurs à poursuivre l’utilisation du SNT, qu’il considère comme indispensable au maintien des exportations ivoiriennes vers les marchés soumis à des exigences renforcées de traçabilité.
